Colloque "médecine et architecture" - introduction
- GHMSS
- 8 déc. 2025
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Dr Franz Philippart (25/10/2025)
Ce n’est pas un hasard si, sur le site du charbonnage des Viviers, lieu symbolique de souffrances passées, est venu s’implanter un temple de la souffrance qu’est un hôpital: souffrance, mais aussi espérance et guérison. Il a fallu que se conjuguent architectes et soignants pour offrir un gîte à une armée de souffrants, toujours plus avides de soins.
Ainsi l’architecture est une techné qui rend possible une autre techné qui est la médecine. Les deux sont inséparables depuis les siècles où apparurent les nosocomions byzantins et les bimaristans proche orientaux. Deux techniques, mais aussi deux arts, l’un d’édifier et l’autre de guérir. Mais comment faire de l’art avec l’effroyable de la maladie? Tel est donc le défi lancé par le médecin à l’architecte. N’oublions pas qu’au départ il faut une armée d’artisans, de compétences diverses qui, souvent dans l’anonymat, mettent en place les pièces de ce lego monumental. On ne saurait assez se souvenir de ces techniciens sans visage dont les mains habiles façonnent les lieux où soigneront d’autres mains habiles: une chaîne d’habilité pour accueillir l’humaine souffrance. L’architecte doit relever le défi des portances et des équilibres et témoigner d’une forme d’attention, ce qui autorise à dire que sa discipline devient un soin, un art. Des égards au service du soin.
L’hôpital devient ainsi lieu d’hospitalité, lieu d’humilité, lieu de tendresse, lieu de réflexion, lieu d’information, lieu de consentement : autant de voies pour aboutir à la convoitée guérison, mais parfois hélas à la fin de vie.
L’architecture hospitalière a donc une histoire dans laquelle la médecine écrit la sienne dans ce qu’elle a de plus empathique.
Je souhaite que les orateurs qui se succéderont à cette tribune vous permettent de comprendre ce qui unit ces deux arts au service d’un des plus remarquables projets d’humanité.

